Introduction
Depuis plusieurs années, l’ANSSI soutient et publie des projets open source (Clip OS, WooKey, une app de messagerie pédagogique, etc.). Jusqu’ici ces initiatives étaient plutôt isolées et sans cadrage stratégique clair. Avec sa nouvelle doctrine open source annoncée en 2026, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information franchit une étape : l’open source devient un principe de gouvernance affirmé, au service de la maîtrise technologique, de la sécurité des chaînes logicielles et de la résilience des systèmes d’information.
Contexte et historique
L’ANSSI a déjà publié des projets marquants : Clip OS (distribution Linux sécurisée), WooKey (concept de clé/disque chiffré open hardware) et des outils pédagogiques open source. Ces contributions ont montré l’intérêt de partager des solutions pour favoriser l’audit, la réutilisation et l’innovation. La doctrine vise à passer d’une multiplication d’initiatives ponctuelles à une stratégie cohérente.
Les grands principes de la doctrine
- Principe d’ouverture par défaut : l’agence défend l’ouverture des codes sources et des données, sauf exceptions justifiées.
- Préférence pour des licences permissives : l’ANSSI indique privilégier des licences type Apache 2.0 pour limiter les contraintes sur la réutilisation et l’intégration commerciale.
- Action en partenariat : l’investissement dans l’open source se fera en lien étroit avec l’ensemble de l’écosystème (administrations centrales et territoriales, OIV/OSE, fournisseurs, monde académique, DINUM, BSI, ENISA…).
Plan d’action annoncé (quatre axes)
- Publier des logiciels de cybersécurité à code ouvert : mettre à disposition des outils développés par l’ANSSI.
- Contribuer à des projets externes : participer activement à des projets open source existants plutôt que de recréer des solutions en silo.
- Renforcer l’écosystème : soutenir la communauté, faciliter les coopérations et encourager l’adoption de bonnes pratiques.
- Utiliser des solutions open source : privilégier, le cas échéant, des composants et logiciels ouverts dans les choix techniques.
Pourquoi une telle orientation ?
- Transparence et confiance : l’ouverture facilite l’audit et la vérification indépendante des solutions de sécurité.
- Mutualisation des efforts : contribuer à des projets communs évite la duplication de développements et répartit la charge de maintenance.
- Sécurité renforcée : la revue par la communauté peut améliorer la détection de vulnérabilités et accélérer les correctifs.
- Souveraineté et résilience : maîtriser les composants essentiels et leurs chaînes logicielles renforce l’autonomie numérique.
Exemples concrets (déjà publiés ou cités)
- Clip OS : distribution Linux sécurisée publiée par l’ANSSI.
- WooKey : concept open hardware de disque/clé chiffrant les données.
- App de messagerie pédagogique : outil publié en open source sur GitHub sous licence Apache 2.0.
Points de vigilance et limites
- Gestion des contributions : s’engager durablement dans des projets open source implique ressources humaines et organisationnelles (maintenance, support, gouvernance).
- Licence et réutilisation : la préférence pour des licences permissives facilite l’adoption commerciale mais convient moins lorsque l’on souhaite contraindre des réutilisations.
- Risques de dépendance : l’utilisation accrue d’éléments open source nécessite une bonne gouvernance des dépendances et des chaînes logicielles (SBOM, suivi des vulnérabilités).
- Sécurité opérationnelle : ouvrir du code ne suffit pas ; il faut aussi garantir des pratiques de développement sécurisé, de CI/CD et de gestion des correctifs.
Ce que cela signifie pour les acteurs publics et privés
Pour les administrations et opérateurs d’importance vitale, la doctrine ouvre la voie à plus de collaboration et à l’adoption d’outils audités collectivement. Pour les fournisseurs, c’est un signal favorable à l’interopérabilité et à l’intégration commerciale. Pour la recherche et les communautés, c’est une opportunité d’élargir l’impact des développements de cybersécurité.
Conclusion
La formalisation d’une doctrine open source par l’ANSSI marque une étape structurante : l’agence ne se contente plus de publier ponctuellement des outils, elle pose un cadre stratégique favorisant l’ouverture, la collaboration et la sécurité collective. Le succès de cette démarche dépendra toutefois de l’organisation, des moyens dédiés à la contribution et à la maintenance, ainsi que de la mise en place de bonnes pratiques robustes pour la gestion des chaînes logicielles.
Remarques et ressources complémentaires
Pour compléter le sujet, il peut être utile d’évoquer des ressources et bonnes pratiques généralement recommandées pour la gouvernance open source : gestion des licences, SBOM, politiques de contribution, programmes de maintenance long terme, procédures de revue de sécurité et coordination avec les communautés (CVE, listes de diffusion, GitHub/GitLab CI/CD). Si vous le souhaitez, un encadré technique détaillé peut être ajouté au post avec ces recommandations concrètes.