Lors de la World AI Conference qui se déroule à Shanghai du 26 au 29 juillet, Huawei a officiellement présenté son nouveau cluster d’intelligence artificielle, le CloudMatrix 384. Ce système de pointe a été conçu pour rivaliser directement avec le GB200 NVL72 de Nvidia, une référence en matière de traitement des charges de travail IA.
Le CloudMatrix 384 est un système massif qui intègre 384 GPU Ascend 910C, offrant une densité de calcul impressionnante avec une précision de calcul BF16 atteignant 300 Pflops. Cela représente une capacité de performance 1,7 fois supérieure à celle du GB200 NVL72. En plus de sa puissance brute, le système se distingue par une mémoire agrégée plus de 3,6 fois supérieure à celle de sa concurrence, ainsi qu’une bande passante mémoire 2,1 fois plus importante, ce qui en fait un concurrent sérieux sur le marché des solutions d’IA.
Cependant, cette performance a un prix : la consommation énergétique du CloudMatrix 384 est 4,1 fois plus élevée que celle du système Nvidia, ce qui soulève des questions sur son efficacité énergétique. Selon les analyses de Semianalysis, la puissance par Flop et par bande passante mémoire est également moins optimale par rapport à celle du GB200 NVL72.
Le CloudMatrix 384 est structuré sur 16 racks, comprenant 12 armoires de calcul et 4 racks de switchs interconnectés. Cette architecture utilise un réseau à très haut débit appelé Unified Bus, qui permet des communications rapides entre tous les nœuds tout en favorisant le parallélisme pour des opérations intensives comme celles requises pour le Machine Learning.
Pour Huawei, ce lancement arrive à un moment clé, avec la capacité d’échapper aux restrictions américaines qui limitent l’accès aux GPU performants de Nvidia en Chine. Le CEO de la compagnie, Ren Zhengfei, a souligné que même si leurs GPU ne sont pas aussi puissants que ceux de Nvidia, des optimisations mathématiques et des techniques de calcul en grappes peuvent compenser ces différences.
Enfin, le soutien à l’écosystème IA chinois s’intensifie, avec la formation d’alliances industrielles, dont l’une vise à intégrer toutes les facettes de la chaîne technologique, des puces aux modèles, un mouvement stratégique qui pourrait bien transformer le paysage de l’intelligence artificielle en Chine et réduire la dépendance vis-à-vis des technologies étrangères.
Pour en savoir plus sur le CloudMatrix 384 et ses avancées, lisez l’article complet ici : Le Monde Informatique.